Blog personnel d'un militant socialiste Niortais
2 Octobre 2018
L’externalisation est un mécanisme qui permet à une entreprise de confier à une autre des tâches qu’elle exerçait directement elle-même à l’origine.
Quelques exemples concrets : La Poste a un très grand parc automobile et pendant longtemps elle avait de nombreux garages. Elle les a externalisés à la fin des années 90. Quel a été le gain économique pour la poste : son parc automobile était mieux entretenu et l’entretien lui coûtait beaucoup moins cher. La réparation automobile n’était pas le cœur de métier de la poste et elle a préféré confier ce travail à une entreprise qui le faisait mieux et moins cher.
Beaucoup d’entreprise ont également externalisé le ménage. Là encore, des entreprises spécialisées le faisaient mieux et moins cher.
Plus délicat, l’externalisation du service informatique : si il est facile pour la poste de changer de garage quasiment du jour au lendemain, une voiture restant une voiture, un bon mécanicien pouvant réparer des voitures de toutes marques et de tout modèles (à nuancer avec l’arrivée de l’électronique, et des fameuses « valises de diagnostiques « ) , il y a souvent des connaissances spécifiques dans un Système d’Information. Et la reprise d’un département informatique par une nouvelle société peut s’avérer un exercice difficile, voir périlleux.
Il est toujours délicat de refaire le passé, mais le débat sur les externalisations réalisées par Serge Tchuruk pour Alcatel est vif. Certains y voient la cause de la mort de cette entreprise, d’autres ce qui lui a permis de survire quelques années supplémentaires. On pourra en reparler.
L’externalisation est donc un mécanisme de gestion qui peut s’avérer très rentables, mais il est un principe universel : ne pas appliquer uniformément une règle dans des contextes fort différents.
Si la conséquence pour l’entreprise de l’externalisation est souvent un gain (mais pas toujours), c’est, sur le long terme, beaucoup plus rare pour les salariés.
Lorsque l’on fait partie d’une entreprise de plusieurs dizaine de milliers de salariés, voire de plusieurs centaines de milliers, il est possible d’évoluer. Ainsi, j’ai connu des personnes entrées comme agent d’entretien à la RATP qui ont fini conducteur de métro. Belle évolution !
L’externalisation d’un service empêche ce type de promotion. Si il y a 30 ou 40 ans, on pouvait dire à un chômeur « Accepte ce boulot dur, c’est une belle boite. Quand on verra tes qualités, tu auras une promotion ». Un salarié pouvait raisonnablement tenter ce pari. Et les exemples de belles évolutions de carrière dans les années 60 à 80, y compris pour des personnes récemment immigrés sont très nombreux.
Aujourd’hui, si on rentre dans une société de nettoyage, on y reste. Un salarié est enfermé dans sa catégorie, et ne peut que très difficilement en sortir. Il y a beaucoup moins de mobilité sociale. Et moins de mobilité sociale, c’est moins d’espoir pour l’avenir, moins de motivation du salarié, moins de cohésion de notre société. C’est un des malheurs du monde du travail.
Quelles solutions ? Je n’en ai pas encore. Mais le PS ne peut ni balayer d’une main les gains économiques de l’externalisation, ni fermer les yeux sur les conséquences néfastes pour les salariés de ce mécanisme.
A nous de proposer des solutions pour rester dans une économie moderne, mais qui défend les plus faibles.
Sidro.